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Impôt sur le revenu : ce qui pourrait changer dès 2027

Par EL BARHRASSI Meryem -le

Impôt sur le revenu : ce qui pourrait changer dès 2027
Le projet de loi de finances 2027 amorce une nouvelle réforme de l’impôt sur le revenu. Le seuil annuel exonéré serait porté à 60.000 dirhams de revenu imposable, tandis que le taux marginal supérieur doit progressivement passer de 37 % à 30 % à l’horizon 2030-2031.

Le gouvernement veut alléger progressivement la pression fiscale sur les revenus. Le projet de loi de finances 2027 prévoit de relever à 60.000 dirhams par an le seuil de revenu imposable exonéré de l’impôt sur le revenu, soit l’équivalent de 5.000 dirhams par mois.

 

Cette référence ne correspond toutefois pas au salaire brut versé au salarié. L’IR est calculé sur le revenu imposable après application des déductions prévues par la législation. Un salaire brut supérieur à 5.000 dirhams ne signifie donc pas automatiquement que l’intégralité de la rémunération sera soumise à l’impôt.

 

Un premier allègement dès 2027

 

Pour 2027, la réforme prévoit une première révision du barème. Les revenus imposables annuels allant jusqu’à 60.000 dirhams seraient exonérés, tandis que la fraction comprise entre 60.001 et 80.000 dirhams serait taxée à 10 %. Le taux passerait à 20 % entre 80.001 et 100.000 dirhams, puis à 34 % entre 100.001 et 180.000 dirhams.

 

Au-delà de 180.000 dirhams de revenu imposable annuel, le taux marginal resterait fixé à 37 %. Comme dans tout système progressif, ce taux ne s’appliquerait qu’à la fraction dépassant le seuil concerné et non à l’ensemble du revenu du contribuable.

 

En équivalent mensuel, la première tranche serait donc exonérée jusqu’à 5.000 dirhams de revenu imposable. Les fractions suivantes seraient progressivement taxées selon le niveau de revenu, sans basculement brutal de l’intégralité du salaire dans une tranche supérieure.

 

Une réforme étalée sur cinq ans

 

Le changement ne doit pas s’arrêter à 2027. L’Exécutif prévoit une transformation progressive du barème jusqu’en 2031, avec un élargissement des tranches bénéficiant des taux les plus faibles et une réduction du taux marginal appliqué aux revenus les plus élevés.

 

En 2028, le seuil d’exonération resterait fixé à 60.000 dirhams annuels, mais la tranche taxée à 10 % serait étendue jusqu’à 100.000 dirhams. Les revenus imposables compris entre 100.001 et 200.000 dirhams seraient soumis à un taux de 25 %, tandis que la fraction supérieure à 200.000 dirhams resterait taxée à 37 %.

 

La trajectoire se poursuivrait en 2029. La tranche à 10 % atteindrait alors 130.000 dirhams, celle à 20 % couvrirait les revenus compris entre 130.001 et 200.000 dirhams, tandis que le taux marginal supérieur serait ramené à 35 %.

 

Le taux maximal ramené à 30 %

 

Une nouvelle étape serait franchie en 2030, avec la baisse du taux marginal supérieur à 30 %. La tranche taxée à 10 % s’étendrait jusqu’à 150.000 dirhams annuels, tandis que celle à 20 % couvrirait la fraction comprise entre 150.001 et 200.000 dirhams.

 

À terme, le barème cible envisagé pour 2031 conserverait l’exonération jusqu’à 60.000 dirhams. Le taux de 10 % s’appliquerait entre 60.001 et 150.000 dirhams, puis celui de 20 % jusqu’à 500.000 dirhams. Seule la fraction dépassant ce dernier seuil serait alors taxée à 30 %.

 

La différence avec la situation actuelle serait donc importante pour les revenus les plus élevés. Alors que le taux marginal de 37 % s’applique aujourd’hui au-delà de 180.000 dirhams annuels, le schéma final repousserait le seuil du taux supérieur à 500.000 dirhams tout en abaissant celui-ci à 30 %.

 

Une déduction de 45 % pour les frais professionnels

 

La réforme prévoit également de revoir la déduction appliquée au titre des frais professionnels. Celle-ci serait portée à 45 %, dans la limite de 35.000 dirhams par an, pour les contribuables concernés, avec une application aux revenus acquis à compter du 1er janvier 2027.

 

Cette déduction intervient avant le calcul de l’impôt et permet donc de réduire la base imposable. Le plafond de 35.000 dirhams ne correspond pas à une réduction directe du montant d’IR payé, mais au maximum pouvant être retranché du revenu pris en compte pour établir l’impôt.

 

L’effet réel de la réforme variera ainsi selon le niveau de rémunération, la situation du contribuable et les différentes déductions auxquelles il peut prétendre.

 

Un barème plus favorable aux revenus intermédiaires

 

À travers cette réforme, le gouvernement entend agir simultanément sur trois leviers : relever le seuil d’entrée dans l’impôt, élargir les tranches soumises aux taux les plus faibles et diminuer progressivement le taux marginal supérieur.

 

Pour les contribuables, l’impact ne sera donc pas uniforme. Les revenus proches du nouveau seuil d’exonération pourraient sortir totalement de l’IR, tandis que les salariés situés dans les tranches intermédiaires profiteraient de l’élargissement progressif des taux à 10 % et 20 %.


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